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Biography | Biographie | Azouzi Mohamed
Mohamed Azouzi
Biography Biographie

Azouzi Mohamed

1946 — 2022
Painter · Visual Artist · Sculptor Peintre · Plasticien · Sculpteur

From Casablanca to Paris, from the Noun to the National Heritage — the trajectory of one of the essential voices of Moroccan contemporary painting. De Casablanca à Paris, du Noun au Patrimoine National — la trajectoire d'une des voix essentielles de la peinture contemporaine marocaine.

1967 – 1970
Beaux-Arts, Casablanca Beaux-Arts, Casablanca
1971 – 1977
Beaux-Arts Paris & ENSAD Beaux-Arts Paris & ENSAD
2025
Inscribed on Moroccan National Heritage Inscrit au Patrimoine National Marocain

Origins Origines

Mohamed Azouzi was born in 1946 in Casablanca. His family's roots lie in the Tafilalet — that vast region of southern Morocco, a land of desert and oases, whose ochres, browns and particular quality of light would traverse his entire body of work as an indelible memory.

From Casablanca, he inherited an openness to the Mediterranean world and an artistic environment in full creative ferment. From the southern landscapes of his family origins, he drew a palette and a way of inhabiting the canvas that nothing — not even four decades in Paris — would ever erase.

Mohamed Azouzi naît en 1946 à Casablanca. Les racines familiales plongent dans le Tafilalet — cette vaste région du sud marocain, terre de désert et d'oasis, dont les ocres, les bruns et la qualité particulière de la lumière traverseront toute son œuvre comme une mémoire indélébile.

De Casablanca, il hérite d'une ouverture au monde méditerranéen et d'un environnement artistique en pleine effervescence créative. Des paysages du sud dont sa famille est originaire, il puise une palette et une manière d'habiter la toile que rien — pas même quatre décennies à Paris — ne pourra jamais effacer.

Formation: two shores, one language Formation : deux rives, une langue

Azouzi began his training in 1967 at the École Supérieure des Beaux-Arts in Casablanca. He came of age in a demanding and vibrant artistic milieu, alongside major figures of Moroccan contemporary painting — Farid Belkahia, Mohamed Melehi, Mohamed Chabâa and Mohamed Hamidi were teaching there at the time, making the institution one of the most dynamic centres of plastic arts on the African continent.

In 1970, he made the decisive choice to cross the Mediterranean. He enrolled at the École Supérieure des Beaux-Arts in Paris, in the studio of Jean Bertholle — a leading figure of French lyrical abstraction, heir to Bissière and a central voice in 20th-century sacred art. He continued his training at the École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. In 1977, Azouzi was awarded his Diplôme Supérieur d'Arts Plastiques et Mural, with highest honours (Mention Très Bien).

The encounter with Bertholle was formative. In 1979, on the occasion of his student's first solo exhibition in Paris, the master wrote:

Azouzi commence sa formation en 1967 à l'École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca. Il grandit dans un milieu artistique exigeant et vibrant, aux côtés des figures majeures de la peinture contemporaine marocaine — Farid Belkahia, Mohamed Melehi, Mohamed Chabâa et Mohamed Hamidi y enseignent alors, faisant de l'institution l'un des centres d'arts plastiques les plus dynamiques du continent africain.

En 1970, il fait le choix décisif de traverser la Méditerranée. Il s'inscrit à l'École Supérieure des Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier de Jean Bertholle — figure majeure de l'abstraction lyrique française, héritier de Bissière et voix centrale de l'art sacré du XXᵉ siècle. Il poursuit sa formation à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. En 1977, Azouzi obtient son Diplôme Supérieur d'Arts Plastiques et Mural, avec Mention Très Bien.

La rencontre avec Bertholle est fondatrice. En 1979, à l'occasion de la première exposition personnelle de son élève à Paris, le maître écrit :

Having followed for several years the approaches, the leaps forward, the retreats, and finally the blossoming of this Moroccan painter, I felt great pleasure before his new works. They prove that he has gained, through his gifts, his work and his tenacity, a true openness of mind.
Ayant suivi depuis quelques années les démarches, les élans en avant, les retraits, et enfin l'épanouissement de ce peintre marocain, j'ai éprouvé un grand plaisir devant ses nouvelles œuvres. Elles prouvent qu'il a acquis, grâce à ses dons, à son travail et à sa ténacité, une véritable ouverture d'esprit.
Jean Bertholle Preface, 1979 Préface, 1979
École des Beaux-Arts de Paris
École des Beaux-Arts de Paris École des Beaux-Arts de Paris

A singular visual language Un langage plastique singulier

The painting of Mohamed Azouzi resembles no other. It proceeds from a rare synthesis: Western abstraction — in which Bissière and Klee stand as major references — and a visual vocabulary deeply rooted in the graphic and cultural traditions of Morocco. On the Moroccan side, it is Ahmed Cherkaoui who emerges as an essential reference: that pioneer of Moroccan abstract painting, who died prematurely in 1967, had traced a path that few have been able to extend with as much coherence as Azouzi.

Arabic calligraphy transformed into pure sign, patterns inherited from marquetry and weaving, the chromatism of southern landscapes: these elements are not exotic quotations. They are the very structure of his plastic thinking.

At the heart of this body of work, one letter concentrates the entire proposition: the Noun — ن. Far beyond the graphic sign, the Noun for Azouzi is a universal symbol — that of the human being with arms raised to the sky, of knowledge, of fraternity between peoples and religions. Inverted, it draws a cupola. Upright, it elevates. In his canvases, it sometimes disappears beneath layers of colour, leaving only its momentum, its verticality, its humanity.

His technique is equally remarkable: between the canvas and the colour, he would sometimes interpose papers, corrugated cardboard, or even sheets of copper. He painted on canvas, raw board, and plywood covered with kraft paper. He combined oil, gouache, pastel, ink and silkscreen. Each work is a stratification — of materials, memories and signs.

La peinture de Mohamed Azouzi ne ressemble à aucune autre. Elle procède d'une synthèse rare : l'abstraction occidentale — dans laquelle Bissière et Klee figurent comme références majeures — et un vocabulaire visuel profondément ancré dans les traditions graphiques et culturelles du Maroc. Du côté marocain, c'est Ahmed Cherkaoui qui s'impose comme référence essentielle : ce pionnier de la peinture abstraite marocaine, disparu prématurément en 1967, avait tracé un chemin que peu ont su prolonger avec autant de cohérence qu'Azouzi.

Calligraphie arabe transformée en signe pur, motifs hérités de la marqueterie et du tissage, chromatisme des paysages du sud : ces éléments ne sont pas des citations exotiques. Ils sont la structure même de sa pensée plastique.

Au cœur de cette œuvre, une lettre concentre toute la proposition : le Noun — ن. Bien au-delà du signe graphique, le Noun est pour Azouzi un symbole universel — celui de l'être humain aux bras levés vers le ciel, de la connaissance, de la fraternité entre les peuples et les religions. Renversé, il dessine une coupole. Debout, il élève. Dans ses toiles, il disparaît parfois sous les couches de couleur, ne laissant que son élan, sa verticalité, son humanité.

Sa technique est tout aussi remarquable : entre la toile et la couleur, il interpose parfois des papiers, du carton ondulé, ou même des feuilles de cuivre. Il peint sur toile, sur panneau brut, sur contreplaqué recouvert de papier kraft. Il combine huile, gouache, pastel, encre et sérigraphie. Chaque œuvre est une stratification — de matières, de mémoires et de signes.

An abstraction that came from the West and returned to the Arab world — enriched by Arabic script transformed into signs.
Une abstraction venue de l'Occident et retournée dans le monde arabe — enrichie par l'écriture arabe transformée en signes.
Jean-Pierre Delarge Dictionnaire des Arts Plastiques Modernes et Contemporains · Gründ, 2001 Dictionnaire des Arts Plastiques Modernes et Contemporains · Gründ, 2001
Mohamed Azouzi
Mohamed Azouzi Mohamed Azouzi

An international career, a return to Morocco Carrière internationale, retour au Maroc

As he multiplied exhibitions, he began to attract the attention of Parisian art enthusiasts. Jacques Chirac, then Mayor of Paris in the late 1970s, took notice of his work. Several weeks later, the Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris acquired Planche Coranique (1975). The City of Paris then followed, commissioning four additional paintings.

An exclusivity contract with a Parisian gallery followed, bringing him onto the international stage — Tokyo (1990), New York (1986), Moscow (1993), Brussels, Florence, Antwerp — while keeping him at a distance from Morocco for many years.

This absence from the Moroccan art scene was never indifference. It was a wound, and a driving force. Azouzi never stopped painting Morocco — its colours, its light, its inner architectures. When he finally exhibited solo in Casablanca in 1997 (Galerie Al Manar, under the patronage of the Ministry of Cultural Affairs), then in Marrakech in 2005 and 2015, it was a homecoming long overdue.

His works entered major public collections: the Bibliothèque Nationale de France (Prints and Photographs Department), UNESCO, Fondation ONA, Fondation Hassan II, Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain, as well as numerous private collections in France, Germany, Brazil, Japan, the United States and Russia. He is listed in the Benezit Dictionary of Artists (Gründ) — the absolute reference work in the history of art worldwide.

À mesure qu'il multiplie les expositions, il commence à attirer l'attention des amateurs d'art parisiens. Jacques Chirac, alors maire de Paris à la fin des années 1970, remarque son travail. Quelques semaines plus tard, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris acquiert Planche Coranique (1975). La Ville de Paris suit, lui commandant quatre peintures supplémentaires.

Un contrat d'exclusivité avec une galerie parisienne s'ensuit, le portant sur la scène internationale — Tokyo (1990), New York (1986), Moscou (1993), Bruxelles, Florence, Anvers — tout en le tenant à distance du Maroc pendant de nombreuses années.

Cette absence de la scène artistique marocaine ne fut jamais indifférence. Ce fut une blessure, et un moteur. Azouzi n'a jamais cessé de peindre le Maroc — ses couleurs, sa lumière, ses architectures intérieures. Lorsqu'il expose enfin en solo à Casablanca en 1997 (Galerie Al Manar, sous le patronage du Ministère des Affaires Culturelles), puis à Marrakech en 2005 et 2015, c'est un retour aux sources longtemps attendu.

Ses œuvres entrent dans les grandes collections publiques : la Bibliothèque Nationale de France (Cabinet des Estampes), l'UNESCO, la Fondation ONA, la Fondation Hassan II, le Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain, ainsi que de nombreuses collections privées en France, en Allemagne, au Brésil, au Japon, aux États-Unis et en Russie. Il figure au Dictionnaire Benezit (Gründ) — ouvrage de référence absolue de l'histoire de l'art dans le monde.

Posthumous recognition Reconnaissance posthume

Mohamed Azouzi passed away in August 2022 in Tremblay-en-France, while actively preparing his exhibition at the Fondation Hassan II. The Foundation paid tribute to him posthumously that same year with L'Essence de la vie (Espace Rivages, Rabat).

In 2024, his work was presented at the École des Beaux-Arts de Paris as part of the collective exhibition Autohistoriasfifty-four years after he had studied there. In 2025, the retrospective Sous le signe du Noun at the Musée des Confluences Dar El Bacha (Marrakech), organised by the Fondation Nationale des Musées, definitively established his place in the history of Moroccan contemporary art.

That same year, the work La Soumission (1999, mixed media on canvas, 130 × 95 cm), held by the Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain in Rabat, was officially inscribed on the National Heritage of the Kingdom of Morocco by royal decree — one of 63 works of modern and contemporary Moroccan art to receive this historic distinction, the first of its kind in the history of the Kingdom.

Mohamed Azouzi is no longer here to witness this recognition. But as Mohammed Kheir Eddine wrote as early as 1991:

Mohamed Azouzi s'éteint en août 2022 à Tremblay-en-France, alors qu'il prépare activement son exposition à la Fondation Hassan II. La Fondation lui rend hommage à titre posthume cette même année avec L'Essence de la vie (Espace Rivages, Rabat).

En 2024, son œuvre est présentée à l'École des Beaux-Arts de Paris dans le cadre de l'exposition collective Autohistoriascinquante-quatre ans après y avoir étudié. En 2025, la rétrospective Sous le signe du Noun au Musée des Confluences Dar El Bacha (Marrakech), organisée par la Fondation Nationale des Musées, établit définitivement sa place dans l'histoire de l'art contemporain marocain.

Cette même année, l'œuvre La Soumission (1999, techniques mixtes sur toile, 130 × 95 cm), conservée au Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain de Rabat, est officiellement inscrite au Patrimoine National du Royaume du Maroc par décret royal — l'une des 63 œuvres d'art moderne et contemporain marocain à recevoir cette distinction historique, la première du genre dans l'histoire du Royaume.

Mohamed Azouzi n'est plus là pour être témoin de cette reconnaissance. Mais comme l'écrivait Mohammed Kheir Eddine dès 1991 :

I wager that Azouzi will soon be recognised in Morocco as one of its most dynamic children. For his creations speak the memory of the homeland.
Je fais le pari qu'Azouzi sera bientôt reconnu au Maroc comme l'un de ses enfants les plus dynamiques. Car ses créations parlent la mémoire de la patrie.
Mohammed Kheir Eddine Revue Esprit · September 1991 Revue Esprit · Septembre 1991
He was right. Il avait raison.
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A life in painting Une vie en peinture

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